Top 10 des interjections utilisées en Côte D’Ivoire

Les Ivoiriens utilisent des interjections particulières pour exprimer leurs émotions et leurs sentiments dans les discussions et causeries. Ces interjections sont compréhensibles par les « Initiés »et les adeptes du nouchi. Elles peuvent permettre d’orienter une discussion simplement. Nous allons essayer de vous présenter ici quelques une de ces interjections particulières.

Didier Drogba
Didier Drogba

Les discussions entre Ivoiriens sont souvent ponctuées de hanhan, han, djooo, tchié, etc. Ces expressions particulières ont un sens et suivant les situations, si elles sont comprises, peuvent donner une direction à la discussion ou une réponse à une interrogation.

Ainsi si vous discutez avec un Ivoirien et qu’après maintes explications votre interlocuteur s’exprime hanhan, vous pouvez en être ravi. En effet, votre ami vient enfin de comprendre ce que vous essayez de lui expliquer depuis un moment.

Top 10 de ces interjections particulières

1) Cécé
Nous commençons par une bien vieille expression qui exprime le doute ou le mensonge dans des propos. Ainsi si pendant une discussion vous entendez l’un de vos interlocuteurs vous dire cécé, vous comprendrez que vos propos sont pris pour un mensonge. A vous de pouvoir redresser la barre pour prouver le contraire.

2) Hein
Utiliser dans une conversation, on pourrait le traduire par « Pardon » Cette expression est un appel à vous répéter ou à approfondir une idée que vous êtes en train de développer.

3) Agbou
Agbou est une expression qui s’est répandue avec les animateurs d’une émission radio en Côte D’IvoireAgbou est utilisé pour lutter contre l’abus de « hein » dans le langage. « Agbou » vient comme sonner la fin pour dire, arrête avec ce truc, dit plutôt pardon.

Exemple

– Comment vas-tu ce matin ?
– Hein

– Agbou

Didier Drogba
Didier Drogba : Tchié

4) Tchié
Marque d’étonnement, de surprise, de stupéfaction.

5) Tchrou
Il s’agit d’une injure, si vous vous retrouvez devant une personne qui vous fait tchrou, ne le prenez par pour autres choses qu’une simple injure.

6) Ayi
Ayi exprime l’étonnement, comme han, ou encore tchié.

7) Ôkpô 
On le traduira par mon œil, Ôkpô sert à banaliser ce que vous dites.

8) Keh
Cette expression est utilisée pour atténuer les ordres ou les demandes. Elle s’utilise souvent dans le sens de s’il te plaît. Ainsi « va dormir » et « va dormir keh» , non par le même sens. L’une des expressions est perçue comme un ordre, et l’autre comme une requête, une demande.

9) Deh
Cette expression est utilisée pour amplifier le mot qui le précède, pour indiquer que la limite est atteinte. « Arrête deh » «faut manger deh». On pourrait ainsi la traduire aussi par «sinon…»

10) HanHan
Exprime la compréhension. Une explication comprise sera marquée par hanhan comme pour exprimer un soulagement, pour dire, j’ai enfin compris ce que tu veux dire.

11) Aholé ou Ahole
Un petit bonus que j’aime beaucoup utiliser sur les réseaux sociaux, c’est Aholé. Ahole, je l’utilise pour exprimer la compréhension, «ah ok » ou « ok ».
Maintenant en nouchi les mots sont utilisés suivant le contexte et le sens découle très souvent du contexte.
Ainsi, Ahole peut aussi dire « mais vraiment » .

Pour finir, voici un petit exemple d’une conversation entre 3 personnes.

Kouadio : Salut, les amis, comment allez-vous ?
Fofana : Djo, tu parles français maintenant deh ( Tu t’exprimes bien en français )

Kouadio : Oui, je viens d’arriver du Maroc comme çà, j’écris sur Mondoblog.
Fofana : Ah bon ?
Achi : cécé (Je ne te crois pas )

Kouadio : Je ne blague pas, c’est sur
Fofana : Tchiéé, donc tu étais au Nord quoi? ( Waouh, tu étais au nord de l’Afrique alors)
Achi : ôkpô (Mon oeil)

Kouadio : Oui, je viens d’arriver comme ça.
Fofana : Aholé deh (Ah ok)
Achi : Ayi, donc c’est vrai vrai quoi ? (Ah bon, c’est donc vrai)

Kouadio : Oui, je travaille au Maroc maintenant
Fofana : Et tes parents ?

Kouadio : Ils sont avec moi là-bas, j’habite dans le même quartier qu’eux
Fofana : Hein, comment ça ? (hein = étonnement )
Achi : Mais tes parents sont à Yopougon, j’ai vu ton frère hier

Kouadio : Oui, je suis à Yopougon quartier Maroc maintenant
Fofana : HanHan, ayi faut dire ça (hanhan = il a enfin compris)
Achi : Tchrou (injure)

Kouadio : Donc vous pensiez à quoi , ayi (ayi = étonnement )

Ce classement n’est ni hiérarchisé ni exhaustif, vous pouvez le compléter simplement en postant une interjection en commentaire sous ce billet. Et chez vous, utilisez-vous des interjections particulières ?

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Zak Le Messager
Zak Le Messager est Ivoirien, vivant à Abidjan. Economiste de formation et commercial, je suis un passionné de technologie et un amoureux de JESUS. J'aime également écrire des poèmes et je m'amuse à bloguer sur plusieurs plateformes.
Zak Le Messager

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32 thoughts on “Top 10 des interjections utilisées en Côte D’Ivoire

  1. C’est vrai que toi-meme Zak le Messager.Tu utilises souvent aholé dans tes conversations sur Facebook.Je l’ai remarqué lol.A part les expressions Cécé et Agbou.Je connais tout le reste.Bon,j’attends la deuxième partie(si tu en as prévu).Je veux en découvrir d’autres…

  2. Kouadio Blanc « happé » par mes Frères de Koumassi-sicogi, ton article m’a fait délirer deh
    Hanhan la famille Bété qui « m’assimile » garde tout son humour ivoirien pour me perdre avec le Nouchi… c’est génial ZAK, de m’aider à leurs renvoyer l’ascenceur
    j’es^ère être à la hauteur
    merci
    KOUDOU ( nom de baptéme donné par mes Frères un jour d’initiation au Koutoukou lol!)

  3. « Orrrr » qui, selon le contexte, marque l’agacement, l’impatience, l’irritation, l’empathie (ici, la douleur). (Ex. : Ooorr, quoi encore ?? Ou : orrr fallait me dire ça, façon moi-même je l’aurais botté, non !
    Ou encore : Orrr, ça me fait trop mal !)
    Et
    Hô hô ! Qui, selon le contexte peut signifier que l’on est sur de soi, sûr de sa force, que l’on n’est pas tout intimidé !
    C’est souvent accompagné du fameux Hum, parfois précédé d’un léger et bref tchip ! qui marque le mépris ou l’assurance, suivit d’un ton légèrement moqueur : c’est une sorte de mise en garde.
    (Ex : Hô hô, môgô-la pense qu’il peut me daba, quoi ? Hum, il ne sait sur qui il est tombé !)

    Huuuuuum (hum prolongé) sert à marquer l’incompréhension totale face à une attitude pathétique.
    (Ex : huuuum, comment il a pu faire ça !)

    Éeeeeeh, marque d’empathie profonde, parfois peut être utilisé au sens de huuuuum, et quand c’est aigu, c’est-à-dire quand ça s’apparente à un cri, ça marque l’effroi, de la même manière que iiiiiiihhhh. (Ex : Éeeeh, il aussi comment il a pu te faire ça !
    Éeeeeh ! (crié) ils vont dja môgô-la !)

    Oho, marque la tristesse et sert à réagir à l’annonce d’une mauvaise nouvelle.

    La liste est longue et complexe, tant les ivoiriens sont riches en expressions de ce genre !

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